Le Pantin
Je ne peux pas parler, la parole ne m'est jamais donnée.
Pourtant toi, le marionnettiste, tu parles pour moi.
Je suis ton esclave que tu aimes regarder,
Que tu utilises pour ton bon plaisir, objet sexuel,
Toi qui m'insère des choses dans la bouche, et qui fait naitre de ma charpente le vice dans ton regard lubrique,
Je suis ton esclave, ta chose, cet objet que je n'ai pas choisis d'être.
Du bout de mes fils, tu aimes m'étrangler, m'attacher et me faire ramper vers toi...
Mon regard fixe semble se brouiller de larmes lorsque le sang d'autrui gicle sur mon corps.
Mais je n'ai pas choisis cette vie, je n'ai pas choisis cette mort.
Tu es mon père, tu es ma mère, tu es mon frère, ma s½ur, mon fils, ma fille,
Celui que je suis obligé de chérir, je suis né pour ça!
Pour ton bon plaisir!
Je n'ai pas le droit d'éprouver autre chose: restreint dans cette prison de verni, de peinture, serré dans le creux de tes bras, luisants de sueur, tremblants sous ton souffle rauque...
Tu as fait de moi ton fils, ton père, ton amant, ton ordure. Ma vie volée par toi, je suis condamné à te regarder fixement, à ne plus rien ressentir de tes mains, à ne plus rien manger ni boire... A attendre que la mort et l'usure achève la pourriture que tu as installée dans mon c½ur... Je veux mourir, mais je reste à jamais... ton esclave, ton pantin...
Diatrima



